Corpus Poètes en révolution

small_poeteenrevolution.jpgLaboratoire : CHEC
Porteur de projet : M. Jérémy Decot
Site : Poète en Révolution

 

Ce projet de recherche financé par la région Auvergne est né du constat qu’une légende noire subsistait encore et toujours à l’encontre des hommes de lettres de la période révolutionnaire. Dénigrés pour la supposée mauvaise qualité de leurs vers, pour les thèmes soi-disant peu élevés abordés dans leurs poèmes et pour leur compromission dans le jeu politique de l’époque, les poètes, surtout, furent l’objet d’attaques et de moqueries. Pourtant l’un de ses poèmes écrits sous la Révolution n’est-il pas devenu l’hymne national de la France, connu dans une grande partie du monde ?

Néanmoins, depuis 1989 et les célébrations en l’honneur du Bicentenaire de la Révolution, des recherches, colloques, manifestations ont été impulsées pour tenter d’interroger à nouveaux frais la production littéraire et le monde des hommes de lettres durant la décennie révolutionnaire.

La Révolution française a entraîné de multiples bouleversements dans le champ littéraire, dans les instances de reconnaissance et de légitimation littéraires, ainsi que dans la définition même du statut d'écrivain. Et c'est à cette peinture du panorama poétique de la Révolution que la présente base de données souhaiterait contribuer. À partir de dépouillements dans divers fonds d'archives (Archives nationales, Bibliothèque Nationale de France, …) et de consultations d'ouvrages biographiques et bibliographiques, le but du projet de recherche vise ainsi à rendre compte des itinéraires pris par ces poètes de la Révolution, à faire émerger des logiques de réseaux et de sociabilité, tout en donnant à lire les productions poétiques à proprement parler. Les interactions, voire la synergie entre la sphère politique et la sphère poético-littéraire permettent aussi d'entrevoir un « traitement » de l'actualité révolutionnaire et de l'histoire de la Révolution française en train de s'écrire, à travers un prisme tout particulier et selon des formes soit anciennes et maîtrisées, soit nouvelles et/ou à inventer. Les poètes de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle purent dès lors se faire « passeurs de Révolution ».