Eclats Arvernes - Fragments archéologiques (Ier–Ve siècle apr. J.-C.)

eclatsarvernes.jpgL’idée d’un catalogue a germé peu à peu dans nos esprits lorsque nous nous sommes rendus compte combien des objets mis au jour lors de fouilles archéologiques étaient mal connus, à la fois du grand public, mais aussi de la communauté scientifique.

Le travail sur l’objet est parfois mal perçu de nos jours : il renvoie aux antiquaires des siècles derniers et la communauté des archéologues se gausse volontiers d’avoir dépassé ce stade pour s’intéresser à une archéologie “totale”. Bien souvent l’objet n’est là que pour dater, marqueur chronologique par excellence dont on peine à faire une étude poussée. L’archéologie préventive, grande pourvoyeuse de données, ne permet que peu d’études abouties sur les artefacts : chronophage, l’étude complète est reléguée bien souvent aux générations futures.

Nous avons pris le parti de publier des objets méconnus, mal connus ou mal compris et de les rassembler dans un catalogue. Éparpillés dans divers lieux de conservation (dépôt de la Drac Auvergne, dépôt de l’Inrap, Musée d’archéologie nationale à Paris, musée Bargoin à Clermont-Ferrand, Musée de la céramique à Lezoux, musée de Moulins, musée de Murol, collections privées…), nous avons voulu présenter ces “éclats”, parfois débris, parfois joyaux, objets du quotidien ou d’exception, mais tous pièces d’un puzzle culturel reflétant le territoire des Arvernes des premiers siècles de notre ère (Ier-Ve s. apr. J.-C.). La question d’une “culture arverne”, spécifique à ce territoire, peut être posée : quelle est la part d’influence du “modèle” romain et la part d’un substrat plus autochtone ? Résistance ? Acculturation ? Assimilation ? Alors qu’assimilation et intégration sont au coeur de débats sociétaux, il est parfois bon de se tourner vers le passé et de revisiter les Gaules pour voir la richesse des mélanges culturels et la perpétuelle construction d’une “culture” qui, finalement, ne prend une cohérence que lorsqu’elle est examinée avec beaucoup de recul. Les céramiques produites localement voisinent avec des sculptures en bronze importées d’Italie, l’élite parfaitement romanisée côtoie le potier qui compte, en gaulois, sa production. Terre de production, de consommation de produits locaux et d’importation, terre d’exportation, ces éclats nous montrent combien, à l’époque romaine, l’Auvergne n’était pas repliée sur elle-même, mais faisait partie, pleinement, de l’Empire, contribuant à sa diversité et sa richesse. L’Empire se nourrit et nourrit culturellement ses provinces.

Nous avons voulu retracer, documenter quelques bribes culturelles. Difficile à publier à l’heure actuelle isolément, faute de support adéquat, nous avons pris quelques éclats, éclatants, tout à la fois sites et objets, et les livrons à votre sagacité. Cette entreprise, ambitieuse, parfois perçue comme hasardeuse dans une région aux difficultés multiples, se voit même prolongée par une présentation de certains “éclats” dans le cadre d’une exposition temporaire accueillie au musée archéologique de Lezoux (lien http://www.puydedome.com/?PARAM10498=IdInfLoc_83580). Du catalogue est née l’idée de l’exposition. Il ne s’agit donc pas d’un catalogue d’exposition, mais d’une exposition du catalogue. Une histoire inversée… Réjouissons-nous simplement de l’aboutissement complet de la démarche dans une région d’une richesse archéologique extrême et saluons chaleureusement nos collègues, nombreux (60 chercheurs) à avoir répondu présents à nos sollicitations. 

Édition Première édition
Éditeur Presses Universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand
Support Livre relié
Nb de pages 340 p. Index .
ISBN-10 2845166656
ISBN-13 9782845166653

Victime de son succès ce livre n'est plus en vente