Itinéraire littéraire en Bourbonnais

Principaux partenaires : 

CERAMAC, CELIS, Conseil départemental de l’Allier, Région Auvergne, associations locales (liste actuelle destinée à s’élargir au cours de la recherche-action : Association « Regarder… agir pour Vichy et ses environs », Association « Sur les pas d’Albert Londres », Association AGIR EN PAYS JALIGNOIS, Association des Amis d’Ernest MONTUSES, Les Amis de Charles-Louis Philippe, compagnie de théâtre PROCÉDÉ ZÈBRE, Musée Émile Guillaumin)

 

De nombreux écrivains sont originaires ou ont séjourné dans le département de l’Allier (René Fallet, Emile Guillaumin, James Joyce, Valéry Larbaud, Albert Londres, Charles Louis Philippe, George Simenon, Charles Péguy, Alain Fournier, etc...). Certains de ces héritages littéraires ont connu un début de patrimonialisation (maison d’écrivain d’Émile Guillaumin, de Charles Louis Philippe, achat récent de la maison natale d’Albert Londres à Vichy, bibliothèque de Valéry Larbaud, prix René Fallet…). Cependant, ces initiatives restent modestes et dispersées. C’est pourquoi, en 2010, le vice-président chargé de la culture du Conseil général a réuni les associations impliquées dans la promotion et la perpétuation de l’œuvre d’un écrivain bourbonnais pour évoquer, avec leurs responsables, la possibilité de travailler à un projet commun afin de permettre une découverte touristique du patrimoine littéraire départemental. Cette première initiative n’a pas abouti à des réalisations concrètes. Cependant, la problématique était énoncée. Et, en raison d’un axe de recherche du CERAMAC dédié à la valorisation des patrimoines artistiques en général, littéraires en particulier, des collaborations ont commencé à voir le jour depuis 2012 entre enseignants-chercheurs et acteurs associatifs du département de l’Allier (notamment projet autour de la valorisation de la maison natale d’Albert Londres à Vichy).

Le présent projet de recherche-action en innovation sociale, co-construit avec les acteurs locaux, vise à les appuyer dans leurs démarches de mise en valeur du patrimoine littéraire territorialisé. L’objectif a une finalité opérationnelle : constituer un réseau autour des initiatives émergentes de valorisation des patrimoines littéraires pour les rendre chacune plus lisibles, créer des synergies, un cercle vertueux afin qu’elles deviennent aussi plus nombreuses. En fédérant des acteurs qui partagent ce projet de mise en valeur d’une ressource encore peu instrumentalisée par les stratégies de développement, le projet permettra de mettre en commun les connaissances, de faire ressortir de nouvelles pratiques et d’alimenter la théorie. Il est important de souligner que tous les partenaires perçoivent la nécessité d’agir dans ce domaine. Ce désir de changement partagé constitue l’assise de l’innovation sociale (Chochoy, 2013).

Les enjeux sont d’ordre économique (développement du tourisme) et culturel (patrimoine support d’une offre culturelle sur tout type d’espaces y compris en milieu rural isolé). L’enjeu territorial réside peut-être plus encore dans la construction d’une nouvelle image, renforcée par l’affirmation d’une attractivité culturelle que dans la seule promotion de produits touristiques. Les enjeux théoriques et méthodologiques de la recherche ne sont cependant pas absents : nous nous proposons en particulier d’articuler l’analyse de la « ressource » littéraire, objets éminemment culturel, avec les problématiques contemporaines de l’interculturel. Penser le territoire comme produit interculturel (de l’échange collectif supposé à l’interaction individuelle effective) permet de participer d’un processus d’objectivation de la notion, c’est-à-dire de rendre compte « scientifiquement » de la part subjective des relations interpersonnelles qui le composent. Cette hypothèse principale devrait permettre d’éclairer la question des acteurs (« qui fait patrimoine ? »). Le prisme de l’interculturalité permettrait de déboucher sur le décloisonnement des catégories d’acteurs que charrient les études sur la patrimonialisation.

Dans le cadre des applications plus concrètes du projet, c’est vers la ressource territoriale que nous baserons ce programme, décliné selon trois principales hypothèses :

  • H1 : les héritages littéraires comme bien matériel (maison natale, bibliothèque …) et immatériel (l’œuvre littéraire et les valeurs) peuvent devenir une ressource territoriale, dans la mesure où les acteurs individuels, associatifs, entrepreneuriaux et publics parviennent à se coordonner autour d’objectifs et de stratégies collectives.
  • H2 : les capacités d’innovation ne sont pas que technico-économiques et individuelles. Elles dépendent aussi du mode de fonctionnement des collectifs et de la perception qu’ont ces acteurs et collectifs des innovations sociales, de leur impact et des réponses qu’ils jugent possibles et souhaitables d’apporter.
  • H3 : sous certaines conditions à définir, les principes et les outils du développement patrimonial sont amenés à jouer un rôle dans le processus de construction-valorisation de la ressource. Ils peuvent constituer des moyens efficaces de financement en même temps qu’ils impliquent et mobilisent les acteurs dans un projet commun. Leur souplesse et les capacités d’adaptation qu’ils procurent sont souvent une garantie de durabilité.

Le projet servira d’impulsion à une boucle de rétroaction positive allant du diagnostic, à la concertation et à l’action territorialisée à son tour évaluée et servant de base à de nouvelles concertations.

Contact : 
Mauricette Fournier
(CERAMAC), responsable scientifique du projet : mauricette.fournier@univ-bpclermont.fr